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MADAME
Dissection d’un c(h)oeur

Exposition du 11 mai au 16 juin 2016
Vernissage le mercredi 11 mai 2016

Issue d’une famille d’artistes avec un grand-père et un père peintres. Madame a toujours dessiné… Au fur et à mesure de sa pratique, mais aussi de ses voyages, le collage est apparu sur ses créations pour bientôt en prendre le contrôle total. De retour à Paris après bien des années à l’étranger, elle réalise de petites créations en collage où déjà se mêlent mots et image .

Madame Moustache poétise les rues de ses collages au parfum surréaliste et rétro.

Madame dégaine et vise directement « dans le mille » sans prendre de pincettes avec
personne, et pas à demi-mots, en bref, sans hypocrisie. Avec la force et la violence d’images corrosives qui détournent le bien être du sens commun et le moralisme bien-pensant.

Des poissons qui s’enfilent et se faufilent simplement et proprement dans les orifices les plus intimes et les plus reculés, des pistolets pointées sur des parties au combien sensibles parce que « L’amour n’est pas une arme blanche », puis carrément des perceuses, qui percent, forent, trouent, toujours au même endroit, et toujours avec la même obsessive insistance. Des fusils aussi, des rails de chemin de fer, des tronçonneuses exhibées sans pudeur comme des prothèses sexuelles, pastiches d’insécurités, de complexes inconfessables, de vide intérieur.

Difficile de parler de double sens élégant mais plutôt de sens unique sans équivoques,
souligné et surligné de paroles au vitriol qui, bien souvent, accompagnent les compositions de Madame.

Et pourtant, dans la construction des collages créés en cisaillant les pages de revues
patinées des années 60 et 70, transparaît un raffinement inattendu duquel émerge un style maîtrisé qui prend soin de chaque détail. Une multiplication de strates stylistiques qui oscille transversalement entre les langages les plus cultivés de la culture pop. Ils se superposent, se mélangent et se stratifient au sein même de ces images qui se révèlent alors bien plus complexes que ce qu’elles donnaient à voir au premier regard.

Ces petites œuvres (les originaux) sont les prototypes desquelles naissent les impressions monumentales que Madame colle nuit et jour sur les murs de Paris. Changeant le visages de certains quartiers pour quelques heures ou quelques jours jusqu’à ce que quelques âmes admiratives les soustraient à la vue du public pour les faire leurs.

L’histoire de Madame est comme toutes les autres histoires. Elle parle d’une fille qui
s’essaye à plusieurs modes d’expression pour finalement faire du neuf avec du vieux.
L’histoire de Madame est celle d’un amour de la matière et du détail qui à force
d’assemblages et d’élucubrations scabreuses créé de nouvelles images à partir de vieilles. L’histoire de madame est celle d’un désir de montrer des petits collages intimes et
interrogateurs au plus grand nombre, et pour cela quoi de mieux que de les imprimer en géant et de les exposer aux passants dans la rue ?

Extrait du texte de Michele Tavola,
Commissaire d’exposition, Attaché à la culture de la ville de Lecco, Italie.